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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 12:59

Par Zeter Georges - L'île ne se prête pas seulement au farniente, la bonne bouffe et fricotages en tous genres ; Mais aussi aux activités artistiques telles que la photo, la peinture et l’écriture...








Le 1er tableau

représente la plage des roches noires à St Gilles les Bains, c'est un soir du mois de juillet 2009, vers 18h30 -
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Le 2ème tableau

est une vue à partir du port de St Gilles avec la lumière du matin
Pour voir -
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Le 3ème tableau
est une autre vue de la plage des roches noires à St Gilles -
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Le 4ème tableau
est une vue à partir de la jetée du port de St Gilles le matin de bonne heure -

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Le 5ème tableau
est une vue directement de la plage le soir vers 19heures -
pour voir:
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Enfin
le 6ème tableau
est une vue d'une rue commercante de St Gilles vers 11heures du matin
pour voir:
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All these paintings above are visible at:
http://www.imageshack.us/ 

 
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Published by BONBONLAREUNION - ZEter Georges - dans Ile de la Réunion
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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 12:02

Par Zeter Georges - Récemment chez un ami je trouvais le récit en trois tomes du Tour du Monde d’Alain Gerbault dans l'édition originale de 1929 – Aimant les livres de marins, et ayant lu ces mêmes livres pendant mon adolescence, une mise en mémoire me poussa à une relecture. En fermant le 3ème et dernier tome, je me sentis partagé par deux impressions dominantes : 
          1-     De l’admiration pour le navigateur
          2-     Un sentiment diffus quelque peu négatif concernant l’homme.

         Après une mise en vue de son escale à la Réunion, d'un article mentionnant son deuxième tour du monde et sa fin tragique, du destin de son bateau le Firecrest et de son hypothétique renflouement aujourd'hui; j'aimerai donner mon point de vue à propos d’Alain Gerbault. Tout d'abord voici quelques pages du livre '2' racontant son arrêt à l’île de la Réunion en 1927 -

Alain Gerbault – Tome 2 – Sur la route du retour – Editions Grasset/Paris - 1929

 

Texte complet du Chapitre VIII – A travers l’océan Indien


Visite à l’île de la Réunion – Octobre/Novembre 1928

Page 133 […] Après huit jours de brises légères et de calmes, j'aperçus l'île Maurice dans la brume le 7 octobre au matin. Je ne distinguais pas sans une certaine émotion les hauts sommets de cette île qui fut pendant un siècle l'île de France et dont, sur ma carte, les points principaux portaient encore de charmants vieux noms français, Piton de la Rivière Noire, Cap Malheureux, Petite Rivière Curepipe, Passe des Citronniers, Ravière des Pamplemousses, évocateurs de Bernardin de Saint Pierre et de Paul et Virginie.
Le lendemain, les hauts sommets des pics de la Réunion m'apparurent au-dessus des nuages à plus de trois mille mètres d'altitude. Mais la brise était légère et le 9 octobre au soir seulement j'arrivais près de l'île dont le lendemain au petit jour je suivis la côte nord passant tout près de la ville de Saint-Denis, poussé par une bonne brise. Je me croyais déjà à Port des Galets, le seul  dans l'ile offrant un abri sûr, mais lorsque je voulus me rapprocher de la côte et que le Cap Bernard vint dans l'alignement du pylône -

Page 134 : - T.S.F de Saint Denis, je fus brusquement encalminé et un fort courant me fit culer. Il en fut ainsi toute la journée et je ne pus m'approcher plus près que deux milles du phare des Galets, car j'étais sous-venté par les hautes montagnes et le courant me ramenait en arrière.
Je pouvais apercevoir deux grands vapeurs en rade et les remorqueurs et chalands qui sortaient du port entre deux jetées contre lesquelles les rouleaux venaient se briser avec un bruit de tonnerre. Si j’avais eu suffisamment de vivres à bord, je n'aurais pas attendu et serais parti pour Madagascar et Durban. Le soir, un vapeur, La Ville d'Arras, passa fort près et ses passagers me saluaient de hurrahs retentissants. Toute la nuit je dérivais dans les courants et au jour, le lendemain, j'étais plus près de la côte et toujours encalminé, mais on m'avait aperçu de terre et à sept heures du matin un remorqueur sortit de Port-des Galets. Le capitaine du port, qui était à bord, m'invita à entrer dans le port intérieur, offre que j'acceptais, car il n'y avait pas la moindre brise. Derrière le remorqueur, je franchis l’étroite entrée entre les -

Page 135 : - deux brises lames. Sur les jetées et sur les quais, une partie de la population était massée. Car La Ville d'Arras avait signalé par T. S. F mon arrivée et l'on m'attendait.
Le capitaine du port vint presque aussitôt me souhaiter la bienvenue avec les différents fonctionnaires des douanes et de la santé et me remit un télégramme de félicitations du gouverneur. Je fus charmé et surpris, car j’étais peu habitué à un tel accueil dans une possession française. A Tahiti, on avait cru préférable, en haut lieu, d'ignorer ma présence dans le port. Lorsque, par téléphone, je fis demander quel jour je pourrais rendre visite au gouverneur pour le remercier de son télégramme, on me répondit qu’il était déjà parti de sa résidence, distante de trente kilomètres, pour me souhaiter lui-même la bienvenue. Il ne me restait donc plus qu'à faire en hâte un peu de propreté à bord afin de recevoir dignement mon visiteur.
M. Repiquet vint me voir accompagné de son chef de cabinet et me témoigna la plus grande sympathie. Avec la meilleure grâce du monde, il accéda à mes désirs en supprimant les réceptions officielles et m'invita à venir déjeuner avec lui le surlendemain -

Page 136 : - dans l’intimité. Il mettait aussi à ma disposition les chantiers du port pour les réparations dont j'avais besoin.
Pendant sa visite, une foule considérable avait commencé à s'amasser le long des quais et m'observait avec curiosité.
Je pus y échapper quelques instants en allant prendre un bain et déjeuner chez le docteur du port, mais alors les télégrammes commencèrent à affluer, du syndicat de la pesse, des associations sportives, du consul britannique, et de diverses personnalités privées.  Bientôt arrivait le train de Saint-Denis qui amenait un nombreux public de curieux et ceux que je redoutais le plus les journalistes, mais lorsqu’ils surent ma répugnance pour les interviews, ils firent preuve d'une très grande courtoisie en me laissant en paix. Tout le monde voulait m'inviter et me recevoir, les syndicats de la presse, les associations des diverses sociétés sportives voulaient me faire visiter l’île. Un séjour de plusieurs mois n'aurait pas suffi à tout ce qu'on voulait me faire faire. Aussi je pris la résolution de tout refuser et exposai avec fermeté mon intention de travailler à la mise en état du Firecrest et d'utiliser mes instants -

Page 137 : - de loisir pour pratiquer les sports afin de me maintenir en bonne condition physique.
Dès l’instant même je me mis au travail pour faire enlever différentes parties du gréement en fi1 d'acier, et des ferrures qui attaquées par la rouille, devaient être changées. La coque du Firecrest était toujours en excellent état et seules les parties métalliques avaient souffert de l'humidité corrosive des tropiques.
Les ateliers de réparation du C. P. R. (Chemins de fer et Port de la Réunion) avaient d'excellents spécialistes pour le travail du fer et entreprirent aussi la fabrication d'une ancre, car on ne pouvait rien trouver dans l'île pour des navires à voiles.
Le surlendemain, je pus prendre un peu de repos et me rendre à l’invitation à déjeuner du gouverneur.
Le matin son chef de cabinet venait me chercher en automobile La route fort pittoresque était creusée au flanc des montagnes avec des montées et des descentes à pic et de perpétuels lacets. Nous traversâmes des gorges aux noms pittoresques : ravine des cabris, ravine à malheur et après avoir couvert plus de trente kilomètres, alors que la -

Page 138 : - distance à vol d’oiseaux était moitié moindre, ce fut la merveilleuse arrivée en haut d’une montagne de près de mille mètres d’altitude, avec la ville de Saint Denis tout en bas à nos pieds, un immense horizon marin et une superbe vue des côtes de la Réunion. Lorsque nous approchâmes de la ville après la longue descente en lacets vers la plaine, de nombreuses automobiles vinrent à notre rencontre.  La population dyonisienne semblait être toute dans les rues et me dévisageait avec curiosité.
Ce qui me surprit et avait d’ailleurs attiré mon attention était l'abondance des casques coloniaux. Tout le monde en était coiffé et les petits enfants eux-mêmes semblaient venir au monde avec ce couvre-chef. Naturellement, j’étais comme toujours sans chapeau, ce suscita l’étonnement. La peur du soleil semblait grande à la Réunion et cependant le soleil n'y était ni plus ni  moins dangereux que partout ailleurs.
Après un arrêt devant le monument de Roland Garros, car Saint-Denis est la patrie de celui qui, un des premiers a volé comme un oiseau et fut un des héros de mes rêves de collégien, nous nous arrêtâmes -

Page 139 : - dans une maison où je rencontrai Mgr de Beaumont, évêque de l'île, le consul britannique, le maire de Saint-Denis et diverses autres notabilités de la ville. Puis l’on m’emmena inscrire mon nom à l'hôtel de ville sur un registre.
Pendant un agréable déjeuner avec M. et Mme Repiquer, je pus m’entretenir avec mon hôte de ma chère île Wallis qu'il connaissait bien, ayant été gouverneur de Nouvelle Calédonie.
Dans l'après-midi, je fis une partie au Tennis Bourbon avec un excellent athlète, M Branlat, qui fut jadis une de nos gloires du rugby à l’époque préhistorique. A ma grande surprise, les courts étaient bons et en excellent état. Une foule nombreuse était venue me voir jouer.
Enfin, le soir, j’avais la nouveauté de rentrer à Port-des-Galets par un train spécial chauffé pour moi et tirant le wagon directorial dans lequel je me trouvais avec le directeur des chemins de fer et du port de la Réunion. La voie ferrée traverse un long tunnel et a nécessité de nombreux de travaux d’art. Malgré toutes les instances, je n’avais pas voulu quitter le Firecrest, même -

Page 140 : - pour une seule nuit. Ainsi prit fin cette journée qui me laissa des souvenirs inoubliables de la grande sympathie de tout un peuple. Jamais, dans un pays civilisé, je n’avais été ainsi fêté et honoré.
Il en fut d’ailleurs ainsi pendant tout mon séjour et je devais toujours trouver partout le même accueil sympathique de la population.
En général je quittais d'ailleurs fort peu le Port-des-Galets et le Firecrest, car les nombreux travaux que je dirigeais exigeaient ma présence continuelle si je me rendais à Saint-Denis et utilisais l'automobile que le gouverneur avait mis à ma disposition, c’était pour me détendre dans une partie de football. Le cercle de l'Olympique de tennis et de football m’avait nommé membre d’honneur, et j’avais grand plaisir de me trouver au milieu de jeunes gens et de vivre sans arrière pensée dans la pratique du sport. Le terrain de football était cependant inégal et glissant et rendait la pratique du jeu fort difficile.
A mon grand regret, j’avais dû refuser toutes les invitations particulières, et les offres que m'avaient faites différentes associations -
Page 141 : - de me faire visiter l’île. Cependant, les élèves du lycée, membres des équipes de football de l'Olympique et de la Patriote vinrent un jour visiter le Firecrest et nous partîmes tous ensemble par le petit chemin de fer qui nous emmena loin de l'inesthétique Port-des-Galets, dépourvu presque entièrement de végétation. Nous traversâmes Saint-Paul, un des plus grands bourgs de l'île qui communiquait par un étang avec la mer et semblait tout indiqué pour construire le port artificiel qu’on avait fait à port-des Galets. Enfin, sur la plage de Saint-Gilles, devant les récifs de corail, nous passâmes une excellente journée, heureux de vivre au soleil et de dépenser notre force physique.
A mon grand regret, je ne pus trouver le temps de visiter I'î1e et les hautes montagnes qui en constituent la grande beauté. Les bords de mer, en effet, ne pouvaient être comparés à ceux des îles polynésiennes.
Il me fallut aussi refuser les invitations pressantes des habitants de 1'î1e Maurice qui voulaient me recevoir dans leur île restée française malgré cent ans de domination britannique. Il aurait été trop long de remonter contre l'alizé et le courant des cent -

Page 142 : - milles qui séparaient la Réunion de Maurice. Quitter le Firecrest et emprunter le vapeur des Messageries Maritimes, je ne pouvais m'y résoudre.
Et ainsi je ne quittai mon navire que pour jouer au football ou au tennis et voir à Saint- Dennis des courses de chevaux que montaient les princes d'Annam et des jockeys Malgaches. Et toujours je rencontrais le même accueil sympathique d'une population restée éminemment française fort loin de la mère patrie.
Après cinq semaines d'escale, les réparations furent terminées. Le Conseil général du pays voulut les prendre à sa charge dans un geste qui clôturait l'accueil inoubliable de la Réunion.  Le gouverneur vint me voir une dernière fois à bord et m’envoya un télégramme juste avant mon départ. Remorqué par le remorqueur du port où avait pris place le capitaine Lahaye et escorté par une chaloupe à moteur, je franchis de nouveau la barre le 18 novembre. Malgré mon départ gardé secret, plusieurs amis étaient venus me voir pour me dire au revoir et paraissaient certes plus émus que moi, lorsque le remorqueur me lâcha. Bientôt, je fus seul sur la mer immense où courait une forte houle. [...]
 (fin du chapitre)

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Au jour d'aujourd'hui

Pour ceux qui connaissent l’île, le marin ne fut guère visionnaire, car en effet le port de Saint Paul ne devint jamais un port comme suggéré en page 141, par contre ce que nous appelons aujourd’hui « le Port », avait pour ancien nom « Port-des-Galets », là où Gerbault s’arrêta pendant 2 mois
.

- Le « PORT » est aujourd'hui un véritable poumon économique de l'île. L'île ne compte (contrairement à Maurice) pas de port 'naturel', mais en 1885 on trouva un lieu propice à l'établissement d'un port qui s'ouvra l’année suivante. On le creusa dans la rivière des Galets (situé à la pointe des Galets). Elle est depuis 1956 gérée par la 'Chambre de Commerce et d'Industrie de la Réunion qui l'a modernisée.
Une modernisation importante a eu lieu en 1986. Des navires gros porteurs viennent y chercher du sucre et apportent hydrocarbures, conteneurs,...

Avec le Port se sont développés de nouvelles zones industrielles. Les navires de la flotte française de l'Océan Indien mouillent régulièrement au port de la pointe des Galets. Depuis peu des bateaux de croisière viennent accoster le long des quais.

 

Quant au chemin de fer utilisé par le navigateur, il a pour sa part cessé tout fonctionnement en 1977.[1]

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  Qu'advint-il d'Alain Gerbault suite à son 1er tour du monde?
Août 2002 - TAHITI-PACIFIQUE magazine - N°79, nov. 1997


 
Où est passé l'or d'Alain Gerbault ?
Voici 23 ans, à Papeete, j'eus la chance d'être invité à prendre le thé chez "Mamita" (Annie) Dufour. Chez cette dame âgée qui m'avait impressionné par sa dignité, je découvrais sur une commode la photo d'Alain Gerbault en compagnie d'une jeune femme sur son yacht à quai à Papeete, une photographie qui est la dernière connue du navigateur et laquelle est souvent intitulée "Gerbault et sa vahiné".

Mamita me confirma que c'était bien elle sur la photo : - « Vois-tu, la femme à bord, c'est bien moi, mais je ne suis ni une vahiné puisque je suis de Nouvelle-Calédonie, ni avec Gerbault car il est de notoriété publique qu'il s'intéressait à d'autres choses qu'aux femmes. Le navigateur ne me regarde pas, il regarde le photographe qui semble le gêner. Moi, je suis assise sur le rouf du yacht car j'attendais mon mari, M. Dufour, alors directeur de la Banque de l'Indochine à Tahiti.
Il était au fond du bateau pour examiner la cale. Gerbault avait alors besoin d'argent pour caréner son yacht, modestement appelé l' "Alain Gerbault". Comme garantie de prêt, il affirmait que certaines de ses barres de lest en plomb étaient en réalité des lingots d'or recouvert d'une mince couche de plomb. Apparemment assez avare, il désirait avoir toute sa fortune d'ancien tennisman et d'écrivain à portée de sa main. Mon mari gratta un peu de plomb de deux barres qui s'avérèrent effectivement être de l'or massif. C'est pourquoi il lui avança par la suite les fonds nécessaires au carénage. »
Cette passion du tennisman pour l'or et sa mansuétude sont d'ailleurs confirmés par une amie tahitienne de l'époque, nulle autre que Mme Aurora Natua : « Bien qu'il ne fut pas démuni puisqu'il avait à son bord au moins deux sacs d'or, il ne dépensait pratiquement rien. Ses seuls bons repas étaient ceux qu'il prenait sur les autres voiliers mouillés près du sien [à Papeete] ».
Alain Gerbault se trouvait à Tahiti lors de la déclaration de guerre, en septembre 1939. Détenu à Moorea pour sa fidélité au régime de Vichy, il obtint sa libération en échange de sa promesse de quitter le territoire. Il décida de gagner l'Indochine.
On ignore les détails de cette dernière traversée, mais on apprit, après la fin des hostilités, que L'Alain Gerbault avait été contraint de faire relâche, en août 1941, à Dili, port situé dans la partie portugaise de l'île de Timor où l'on ne mentionna pas du tout son or mais encore son avarice :
« Tout le monde le traitait bien, d'autant qu'il était famélique et sans ressources. Quelques fois il dînait avec des familles portugaises, d'autres fois il emportait son dîner à bordé» expliquait le gouverneur de Timor quelques mois après la mort de Gerbault.
On sait qu'Alain Gerbault est mort à l'hôpital portugais de Dili, la veille du débarquement allié. Son ami, Pierre Albarran, dans un livre intitulé "Alain Gerbault, mon ami" (1952), consacre quelques pages à sa fin tragique et à la disparition de son bateau :
"Moins de dix ans après sa triomphale arrivée au Havre, Alain Gerbault mourait seul, à l'autre bout du monde, dans une chambre d'hôpital. Sa mort passait presque inaperçue dans le bouleversement de la guerre. Et son voilier, lui, disparaissait sans laisser de trace.

Car la disparition de L'Alain Gerbault reste bien mystérieuse.
Les quelques témoignages qu'on a pu recueillir à son sujet sont contradictoires. L'Agence Reuter dit que le bateau a été détruit par une bombe lors du débarquement allié. M. Ferreira da Cofita, le journaliste portugais, écrit, pour sa part :
« Son bateau, où il avait tant de livres précieux et le manuscrit d'un ouvrage sur les généalogies polynésiennes, fut mis sous scellés. Mais les Hollandais et d'autres étrangers y pénètrent et emportèrent divers objets.
« Plus tard, les Japonais, ayant envahi Timor, achevèrent le pillage du yacht. Un matin, le yacht lui-même disparut, et le bruit courut qu'un Chinois l'avait conduit, sur l'ordre des Japonais, dans l'archipel de la Sonde. Peut-être existe-t-il encore, mais on ne l'a jamais revu. »
L'infirmier en chef portugais qui soigna Gerbault donne une autre version des faits :
« Les autorités portugaises ont essayé de garder son bateau et ses biens. Mais pendant une période assez brève, les Japs ont tout pris et, jusqu'à présent, on ignore sa destinée. D'après le rapport des Chinois qui se sont mêlés ici aux Japonais, le bateau, une fois saccagé, a été utilisé comme transport de denrées alimentaires le long de la côte. Un jour, en allant vers une île voisine, il a fait naufrage. »

De tout cela, on peut penser que le beau navire a eu une fin aussi tragique que son patron.
Alain Gerbault est mort le 16 décembre 1941, dans l'après-midi, à l'hôpital du docteur Carvalho, à Dili. C'était le jour même où les Hollandais et les Australiens lançaient un ultimatum aux Portugais, pour exiger l'occupation militaire de leur colonie. On conçoit donc que son inhumation au cimetière de Santa-Cruz, à Dili, a eu lieu dans une époque de grande confusion.
Alain Gerbault fut porté en terre dans un cercueil de bois peint en noir, par quatre indigènes. Modeste tombe dans un petit cimetière aux murs de corail blanc, sous les palmiers, ornée d'une simple croix de bois noir, mais pieusement dressée par les amis portugais qui étaient restés fidèles au héros qu'ils avaient adopté.

Quand le calme fut revenu, Ferreira da Costa rechercha cette tombe. Il la retrouva, enfoui sous les herbes, et il fit exécuter, par le charpentier de son bateau, l'Angola, une grande croix peinte en gris portant le nom d'Alain Gerbault, en lettres noires. Cette nouvelle croix fut plantée au cours d'une cérémonie simple, mais très émouvante, en présence de nombreux officiers du corps expéditionnaire.

Enterré à Bora Bora
La paix revenue dans le monde, en 1946, sur l'initiative du Yacht-club de France, l'amiral Lemonnier put rendre l'hommage du gouvernement français au héros disparu.
Il envoya, de Saigon à l'île de Timor, le croiseur Dumont d'Urville pour chercher la dépouille du navigateur solitaire. Alain avait eu ce rêve de marin de mourir en mer. Il avait écrit :
« S'il m'arrivait de mourir à terre, je désirerais être remorqué au large dans mon bateau et que celui-ci, sabordé, soit coulé toutes voiles et pavillons dehors, m'ensevelissant au sein de la mer, dont j'aime
la possession.»

Je n'ai pu remplir cette dernière mission dont il m'avait chargé. Son bateau n'existait plus, et au surplus, la loi française n'admet pas l'immersion d'un homme qui n'est pas mort en mer. Il me fallut donc interpréter sa pensée et j'ai estimé que le lieu le plus digne de son repos serait l'île de Pora-Pora [Bora Bora], celle qu'il avait préférée entre toutes. C'est donc à Pora-Pora que le Dumont d'Urville conduisit ses cendres. Je crois avoir ainsi rempli de mon mieux mon devoir d'ami.
Alain Gerbault, outre la passion qu'il éprouvait pour la mer, eut aussi un immense amour pour les terres polynésiennes.
C'est là qu'il repose, au bord du rivage baigné par les flots du Pacifique. Souvent, je songe aux vers de cette épitaphe qu'Alain Gerbault avait composée lui-même pour son tombeau :
"Amis, ne plaignez pas le marin disparu...
Heureux, il dort où il voulait vivre.
Amis, ne plaignez pas le marin disparu,
Mais priez que les vagues le bercent doucement."

           Et le yacht ? Coulé ? Volé ? Réquisitionné? Les récits des marins français qui partirent chercher le corps du tennisman français décrivent bien le climat de pagaille totale de cette colonie portugaise à l'époque, occupée par les alliés, puis par les Japonais, ensuite bombardée. De sévères doutes subsistent même au sujet de l'authenticité du corps ramené puis enterré sur le quai de Vaitape, à Bora Bora.

Mais, qui sait, peut-être là-bas, au fond de la vase, dans le port de Timor, quelques lingots d'or.
Alors, chercheurs de trésors !

Alex W. du PREL

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Quant AU FIRECREST...

Crédit photo par : marin56 Permalien

Dans le port de Cowes, en 1921. Alain Gerbault est conquis par un bateau qui le rendra célèbre : le Firecrest, un cotre de 12 mètres. Cet achat devient décisif dans la longue quête que sera sa vie. Les horreurs de la guerre, passée aux commandes d'un avion de chasse, le marquent. Il fait désormais partie, lui, le jeune bourgeois champion de tennis, de cette génération perdue qui refuse les artifices. Un projet avait mûri pendant ces années : partir sur les traces de London et de sa croisière du Snark. Délaissant le tennis après une brillante carrière internationale, il se consacre exclusivement à la voile.

    Opiniâtre, tenace, Gerbault, à bord du Firecrest fait le rude apprentissage des manœuvres et de la navigation. Le 25 avril 1923. Il quitte le port de Cannes : après une terrible et éprouvante traversée pendant laquelle rien ne lui sera épargné, le Firecrest est en vue des côtes américaines le 10 septembre. Gerbault a réussi l'exploit : la première traversée de l'Atlantique en solitaire d'est en ouest. Il connaît un immense succès et rédige son odyssée. Mais déjà, un autre projet mûrit : gagner les mers du Sud.

Au début de l'année 1925, c'est le départ pour une longue navigation, qui conduit Gerbault aux Marquises, puis à Tahiti. Rapidement, ses prises de position en faveur des indigènes mécontentent l'administration et les missionnaires : il est devenu un agitateur Avant son départ, les indigènes lui proposeront même de devenir roi des iles Wallis. Pourtant, le Firecrest quitte les mers du Sud et remonte lentement vers l'Europe. Il accoste au Havre le 26 juillet 1929.

    C'est en héros qu'il rentre en France Malgré les honneurs, Gerbault ne songe qu'à reprendre le large Ses droits d'auteur lui permettent de construire un nouveau bateau : L'Alain Gerbault Sans regret, il abandonne pour toujours la " vieille Europe " en septembre 1932, mais avant son départ, termine L'Evangile du Soleil dénonciation véhémente des méfaits de la civilisation occidentale sur les populations indigènes.

Gerbault retrouve la Polynésie, là, il se fait ethnologue et recueille des témoignages sur les traditions et les coutumes, l'histoire et la civilisation polynésiennes. Par ses recherches et prises de position, il se heurte violemment à l'administration excédée.

    La tourmente de la guerre atteint bientôt la Polynésie et Tahiti se rallie à la France libre. Gerbault s'exile bientôt dans une errance insulaire. Et c'est à Timor qu'il s'éteint, seul, miné par les fièvres, dans l'incompréhension de tous. Ce n'est qu'en 1947 que ses cendres seront transférées en Polynésie, cette terre qu'il aimait tant

D'après : L'agenda Marine 1997 (Edition Cœur de France 29, rue de Versailles 78150 Le Chesnay)

 

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LE FIRECREST RESSURGIE DU FOND DE L'OCEAN

"Ils veulent renflouer le bateau d'Alain Gerbault, Le Firecrest."


Le
Firecrest, c'est le bateau sur lequel Alain Gerbault a réalisé la première traversée de l'Atlantique en solitaire. L'association lavalloise Cabestan s'intéresse à l'épave.

Sa retraite de professeur prise, Yves Dubois, président de l'association Cabestan, a une idée qui lui trotte dans la tête, retrouver le Firecrest. Le Lavallois contacte alors la Marine nationale. « Je leur ai expliqué que le Firecrest avait coulé dans l'Atlantique. J'ai précisé où et quand. »

    C'est en 1931 que le Firecrest, vu son âge et les difficultés qu'il avait affrontées, s'avère trop vieux pour reprendre les mers. Alain Gerbault ne voulait pas le vendre car l'idée, qu'un autre que lui puisse manœuvrer son complice de tant d'aventures, lui paraissait inconcevable. Il l'offre alors à la Marine nationale et le conduit à Cherbourg en mai 1931. Le 27 juillet, un remorqueur de la Marine se charge du voilier pour le déplacer. La remorque casse, et en quelques minutes, le Firecrest coule à pic.

    La Marine accepte d'aider l'association. « On nous a proposé d'envoyer sur la zone du naufrage un petit chasseur de mines équipé d'un robot qui prend des photos sous-marines. »

L'affaire se corse

    Cependant, deux problèmes ralentissent les chercheurs d'épaves. D'abord le lieu du naufrage se situe au sud de Guernesey, en eau britannique. « Il nous faut un accord écrit soit de la Grande-Bretagne soit des autorités des îles anglo-normandes. » Yves Dubois va donc aller à Paris « trouver l'officier qui pourra nous indiquer à qui s'adresser pour obtenir cet accord écrit. » Second problème, l'épave est dans une zone délicate « où des explosifs ont été immergés après la Seconde Guerre mondiale. »

Mais la Marine est intéressée. Le Firecrest appartient au patrimoine et à l'Histoire. Yves Dubois pense que, dès cette année, le robot pourrait être envoyé au fond de l'océan. La première étape consistera alors à établir un état des lieux. Le bateau pourra-t-il être remonté ? « Sinon on se contentera de photos » annoncent les membres de l'association. Mais peut-être, certaines pièces pourront être sauvées et enrichir le musée lavallois. Et même, qui sait, le bateau tout entier.

« On ne fait pas ça tous seuls dans notre coin », remarque Yves Dubois. D'ailleurs, la Marine envoie systématiquement à la mairie de Laval un double des lettres adressées à l'association Cabestan. L'association souhaite que l'État, la région, le département et la Ville s'impliquent pour décider de récupérer l'épave. « Ce projet nous intéresse. Je suis Dinardais et Alain Gerbault a navigué à Dinard. Nos chemins se sont croisés déjà une fois mais pas au même moment. »

Ouest-France-Jacqueline AZZI.


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Voilà, je crois avoir fait le tour (du monde) de la question...

 

J’admire profondément le Marin, car faire ce parie pour un navire de régate au lieu d’un bon gros voilier de hauturier c’était salement culotté.  Je m’en explique :

- 1 Les régatiers sont des bateaux étroit qui remontent seul au vent, donc, et c’est pour cela que Gerbault a pu dormir des nuits entière, sans « pilote automatique », car son Firecrest barre bloquée remontait au vent tout seul (à partir du moment que le vent soufflait dans la bonne direction)

- 2 Sous vent arrière, un « haute mer » balance méchant, à vous donner le mal de mer, vue la largeur étroite du Firecrest, le roulis était moindre.

- 3 Avoir eu l’idée (bien avant les autres à son époque) d’avoir un Deck plat, sans un tas de « trucs » qui gêne la manoeuvre était brillante.

- 4 Pour ceux et celles qui ont eux à rentrer dans un port à la voile et sans moteur, je suis certain que ces bouquins vous parleront.
- 5 Son maniement et changements des voiles (en plus par gros temps) devraient être encore aujourd’hui enseignés dans les écoles de voile.
- 6 Son art d'utiliser les ancres flottantes, ainsi que l'utulisation de se mettre à la cap... 


Je vais m’arrêter là, car je pourrais en écrire des pages et des pages... De plus comme dit si bien Gerbault, "il faut être matelot surtout, au lieu d’être navigateur d’abord"  Aujourd’hui c’est l’hécatombe lors des courses en haute mer ; nos « champions » actuel ne sont même plus capable de recoudre une toile...


         Concernant « l’homme »... Je suis dubitatif, car c’est certain il est pingre pas possible, un peu profiteur sur les bords, de plus à par le tennis et le foot (un condensé d’Agassi et Zidane?), ca ne vole pas haut.  Un «dandy » au port, qui se fout des autres comme de son premier boute; un "égo" surdimentionné - "Une foule nombreuse était venue me voir jouer" (page 139)..., son partenaire de tennis ayant disparu... Bref, pas le genre de type avec qui j'irai descendre une pinte à l'escale...
Enfin, une "personnalitée" très très refoulée perceptible entre les lignes de ses bouquins.  En ces trois livres, la description des « belle des îles » est inexistante, en lieu de cela quelques éphèbes en photos... Je dois dire qu’il est facile de « juger » à partir d’aujourd’hui un homme ayant vécu il y a une éternité (je parle des mœurs) à une époque où le "coming out" était... Vraiment hors de question. 

Je dois ajouter et c’est tout à son honneur, sa vraie défense (déjà) des populations autochtones, son parti-pris de vouloir préserver leurs cultures (pouvait-il présentir le tourisme de masse?); En ce domaine il fut bien en avance sur en son temps, d’ailleurs le mot « écolo » n’existait pas, mais « il » l’a suggéré très fort dans ses livres. Donc, malgré quelques  « défauts » (les radins m'insupportent), il fut un homme de cœur à l’écoute de la vie, et pas seulement la sienne.


Pour conclure, lisez ces livres, plein d’embruns, de lagons et de soleil ; n’en n'avons-nous pas besoin en cette "belle époque" de « nouvelle stars » ?

 

Les 3 livres :

1 Seul à travers l’Atlantique

2 A la poursuite du soleil

3 Sur la route du retour

Z/G/07/09


 [1] http://www.run974.com/ville/le-port

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Published by BONBONLAREUNION - ZEter Georges - dans Ile de la Réunion
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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 11:53

 Zeter George : L'ile est une "mine d'or" pour un photographe.
Voir mon album photos.

- Réunion Island is a gold mine for a photographer, enjoy by checking my album.

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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 12:07



Par: Zeter Georges - Carnaval at St Gilles: Pas tous les jours l'éclate à St Gilles les Bains... Mais pour ce "Grand Boucan" 2009, les organisateurs avaient mis le paquet (c'est mon avis).
Tout l'après midi ça a défilé ; les jolies femmes - Créoles, Malbaraises, Z'arabes, Cafrines, Chinoises, Zoreils et Zoréoles bougeaient bien des f... ; les mecs tapaient fort sur les peaux de tambour; ça dansait, criait, riait, gesticulait et bien d'autres... Le Roy "DODO", de 15  mètres de haut ouvrait presque la marche. Et comme ça jusqu'à plus soif.  Pendant ce temps là, la grande houle battait et nous amenait des paquets de flots blancs d'au moins 6 mètres de haut ; la Fête quoi!

Le soir, le Roy "DODO", après un parcours épique vint se faire brûler devant la plage des Roches-Noires, face à l'océan, y'avait foule sur le quai.  
Il n'y eu de feux d'artifices car trop de houle - Quelle magnifique journée!

Ensuite, place à la danse pour nous tous!  Je - Nous, souhaitions vraiment du "Collé-Serré qui frotte"...
Ce qui est dommage c'est là où ça a commencé à merdouiller.  Un "groupe" sur scène qui nous a "interprété" tout (et je dis bien tout) le répertoire Led Zepellin, à faire fuir les "danseurs" ; Tellement "décalé", comme une "horror" de casting.  Donc, tout le monde s'est cassé fissa - home ; seulement quelques "babas zoreils" ... Dansant sur du hard rock 70's??? Et gesticulant minablement-cassés, des mecs-bourrés à la bière.... Glauque!

Et St Gilles redevint "calme" propre et sans...

Sinon, encore bravo et un grand "Boucan"merci ! à tous les participants de ce Grand Boucan 2009, pour vos rires, vos sourires ; un vrai MERCI! à ce pleuple si bigaré Réunionnais ; j'en garderai plein de sons, de couleurs dans ma tête, un petit film amateur sans prétention à voir. Ouais! J'ai aimé - fort!
Pour voir le film du carnaval : cliquez sur le "link" link

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